Passer l’hiver au soleil après 60 ans… L’idée fait rêver, surtout quand les premiers froids réveillent les articulations et que la lumière décline à 17h. Mais où partir pour profiter d’un climat doux, adapté à votre santé, sans exploser votre budget ni vos forces ?
Voyons ensemble comment choisir, pas à pas, une destination qui vous ressemble, en restant attentif à votre confort, votre sécurité et vos envies très personnelles.
Un “bon” climat pour un senior, c’est quoi au juste ?
On parle souvent de “partir au soleil”, mais ce qui compte surtout, c’est un climat modéré. La chaleur extrême fatigue le cœur, la circulation, et augmente le risque de déshydratation, surtout après 60 ans.
Pour un séjour d’hiver agréable, les médecins recommandent généralement :
- Des températures entre 18 et 25 °C en journée : assez chaud pour vivre dehors, mais pas étouffant.
- Une humidité modérée : trop d’humidité peut peser sur les articulations et accentuer les douleurs.
- Un bon ensoleillement : pour faire le plein de vitamine D et soutenir le moral.
- Un air peu pollué : à surveiller en cas de problèmes respiratoires ou cardiaques.
Si vous souffrez d’arthrose, d’asthme, d’insuffisance cardiaque ou d’hypertension, n’hésitez pas à demander l’avis de votre médecin : il saura vous indiquer les types de climat qui vous conviennent le mieux… et ceux à éviter.
Se poser les bonnes questions avant de réserver
Avant de regarder les photos de plages (ou en parallèle, pour ne pas se laisser emporter), quelques questions très concrètes peuvent guider votre choix :
- Combien de temps voulez-vous partir ? Quelques semaines ou plusieurs mois ? Les destinations varient selon la durée.
- Jusqu’où êtes-vous à l’aise pour voyager ? 2 heures d’avion, 4 heures, plus ? Ou plutôt train/voiture ?
- Votre budget mensuel sur place : logement, repas, transports, loisirs, assurances.
- Votre état de santé : faut-il un accès rapide à un hôpital, à des spécialistes, à des pharmacies bien fournies ?
- Partez-vous seul, en couple, avec des amis ? Cela change beaucoup la façon d’organiser le séjour.
- Langue et repères culturels : préférez-vous rester en terrain francophone ou êtes-vous curieux de tout découvrir ?
Ces quelques réponses vous aideront à cibler le type de destination qui vous conviendra vraiment, plutôt que de suivre la mode ou le choix d’un voisin.
Les destinations “proches et douces” : soleil sans trop d’heures de vol
Pour un premier hiver au soleil, beaucoup de seniors choisissent des pays proches de la France, avec peu de décalage horaire et des vols relativement courts.
L’Espagne reste un grand classique :
- Costa del Sol, Andalousie : hivers doux, nombreuses locations, forte présence de retraités européens. Bon compromis entre soleil, confort et services de santé.
- Îles Canaries : climat printanier toute l’année, idéal si vous fuyez le froid sans chercher la canicule. Attention toutefois aux zones très touristiques, parfois animées jusqu’à tard.
- Costa Blanca (Alicante, Benidorm) : très appréciée des retraités, infrastructures adaptées, promenades en bord de mer, nombreux services en français ou anglais.
Le Portugal a lui aussi le vent en poupe :
- Algarve : douceur de vivre, belles plages, coût de la vie encore raisonnable hors zones ultra-touristiques. De nombreuses résidences accueillent des seniors pour des séjours de plusieurs semaines ou mois.
- Région de Lisbonne et Setúbal : climat agréable, offre culturelle riche, bonnes infrastructures médicales.
On peut y ajouter le sud de la France comme “hiver adouci” plutôt que “hiver au soleil” : la Côte d’Azur, le Pays basque ou le Languedoc offrent plus de lumière, des températures souvent plus douces que le Nord, tout en restant à domicile ou à quelques heures de train.
Soleil d’hiver en francophonie : confort de la langue et du système de santé
Pour certains, voyager loin est excitant. Pour d’autres, ne pas être freiné par la langue et savoir comment fonctionne le système de santé est tout simplement rassurant. Si c’est votre cas, plusieurs options s’offrent à vous.
Les DOM-TOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane, Mayotte) proposent :
- Un climat tropical, chaud et souvent humide (à vérifier si vous souffrez de problèmes respiratoires).
- Un système de santé français, avec la carte Vitale et les mêmes repères administratifs.
- La langue française partout, bien sûr.
La Réunion par exemple combine plages, randonnées et un climat plus doux en altitude, ce qui peut convenir si vous supportez mal la chaleur intense.
Autre option francophone fréquente :
- Le Maroc (Agadir, Marrakech, région d’Essaouira) : hivers ensoleillés, coût de la vie relativement accessible, forte communauté de Français retraités. Les cliniques privées sont souvent de bon niveau, mais il faut être attentif aux assurances et aux remboursements.
- Tunisie : certaines villes balnéaires accueillent chaque hiver des seniors français pour des séjours longue durée, avec parfois des formules “tout compris” incluant hébergement, restauration et activités.
Dans ces pays, la langue française est souvent bien comprise, en particulier dans le secteur touristique et médical, ce qui simplifie beaucoup les échanges.
Long séjour ou escapades répétées : deux façons d’apprivoiser l’hiver
Partir au soleil, cela peut être :
- Un long séjour de 1 à 3 mois, par exemple de janvier à mars, pour “délocaliser” votre hiver.
- Ou bien plusieurs séjours courts de 10 à 15 jours, étalés sur la saison froide.
Le long séjour est souvent plus économique (prix dégressifs sur les locations) et plus reposant (moins de trajets, le temps de vraiment s’installer dans une routine agréable). Il demande en revanche :
- De bien organiser le suivi de santé (renouvellement d’ordonnances, traitements à emporter, téléconsultations possibles).
- De prévoir la maison en votre absence : courrier, chauffage, sécurité, plantes, animaux…
Les séjours courts, eux, s’adaptent bien si vous avez des contraintes familiales (garde de petits-enfants, rendez-vous médicaux) ou si l’idée de “partir longtemps” vous inquiète un peu. Rien n’empêche de tester une première fois 10 jours en Algarve, puis un mois l’année suivante si tout s’est bien passé.
Critères de santé à ne pas négliger
Après 60 ans, on peut tout à fait voyager… à condition de le faire avec un peu de méthode. Avant de réserver, quelques vérifications sont bienvenues :
- Consulter votre médecin traitant : vérifier la compatibilité du climat avec vos pathologies, ajuster éventuellement les traitements, demander des ordonnances suffisamment longues.
- Emporter une réserve de médicaments pour toute la durée du voyage, plus quelques jours de marge, avec les ordonnances papier.
- Vérifier les assurances : couverture en cas d’hospitalisation, de rapatriement, et modalités de remboursement selon le pays (Europe, hors Europe).
- Repérer les structures de soins proches de votre lieu de séjour : hôpital, clinique, pharmacie, médecins parlant français ou anglais.
Certains seniors gardent un petit carnet (ou une note dans leur téléphone) avec :
- Leur liste de médicaments.
- Leurs principales pathologies.
- Le numéro d’un proche à prévenir.
- Le contact de leur médecin traitant.
Ce n’est pas être inquiet, c’est tout simplement se donner la tranquillité d’esprit pour profiter pleinement du voyage.
Bien vivre sur place : marcher, bouger, mais à votre rythme
Partir au soleil, ce n’est pas rester allongé sur une chaise longue pendant trois mois (sauf si, vraiment, c’est votre rêve). Le climat plus doux est une occasion précieuse de bouger davantage.
Selon votre forme physique, vous pouvez :
- Marcher tous les jours 20 à 40 minutes sur une promenade en bord de mer ou dans un parc.
- Pratiquer des activités douces : aquagym, yoga, tai-chi, gym seniors proposées dans de nombreuses villes touristiques.
- Faire de petites randonnées, éventuellement avec des groupes encadrés et adaptés.
La seule règle : respecter votre rythme. En milieu de journée, en cas de chaleur, mieux vaut privilégier la sieste ou les activités calmes à l’ombre. Beaucoup de seniors adoptent vite une routine : promenade le matin, repos après le déjeuner, petite sortie en fin d’après-midi, dîner plus tôt qu’en France… Un art de vivre très méditerranéen, en somme.
Budget : anticiper pour éviter les mauvaises surprises
Un hiver au soleil peut être abordable… ou très coûteux, selon les choix. Quelques postes à examiner dès le départ :
- Transport : vol direct ou avec escale, période de réservation (plus tôt = souvent moins cher), départ en semaine plutôt que le week-end.
- Hébergement : location d’appartement, résidence services, colocation seniors, hôtel de long séjour. En basse saison, certains hôtels proposent des forfaits mensuels étonnamment intéressants.
- Vie quotidienne : prix des courses, des repas au restaurant, des transports en commun, des loisirs.
- Assurances et santé : complémentaire santé, assurance voyage, éventuels dépassements de frais à l’étranger.
Beaucoup de retraités comparent aujourd’hui le coût d’un mois d’hiver dans une résidence en Espagne ou au Portugal avec celui d’un mois “classique” en France (chauffage, alimentation, essence, loisirs). La différence n’est pas toujours en défaveur du soleil, loin de là, surtout si vous louez à plusieurs ou en couple.
Solitude ou nouvelle vie sociale ?
Partir en hiver peut être une belle opportunité pour rompre avec la solitude, fréquente dans les longues soirées d’hiver. Dans de nombreuses destinations, les seniors se retrouvent :
- Dans des résidences ou clubs spécialisés, avec animations, excursions, cours de gym, d’informatique, de langues.
- Lors d’activités associatives locales : ateliers créatifs, chorales, clubs de marche, jeux de société.
- Simplement en discutant chaque jour avec les mêmes voisins de table au café ou au marché.
Si vous partez seul(e) et que cela vous inquiète un peu, il peut être rassurant de choisir :
- Un village vacances ou une résidence seniors à l’étranger, où les rencontres sont facilitées.
- Ou une ville où la communauté francophone est bien présente (Costa Blanca, Algarve, Maroc) et dispose de groupes, parfois même de petites associations françaises.
Un petit conseil : dès les premiers jours, osez participer à une activité, un cours, une visite de groupe. Un simple “Vous êtes ici pour longtemps ?” ouvre souvent de longues conversations.
Et si on commençait en douceur ?
Vous hésitez à vous engager pour un long séjour ? Il est tout à fait possible d’expérimenter progressivement.
- Une première année : 10 à 15 jours dans une destination proche (sud de l’Espagne, sud du Portugal, Maroc).
- L’année suivante : un mois au même endroit si vous vous y êtes senti bien, ou dans une nouvelle région pour comparer.
- À plus long terme : choisir “votre” lieu d’hiver, celui où vous retrouvez vos repères, vos habitudes, peut-être même quelques visages connus.
Certains couples racontent qu’ils se sentent désormais “chez eux” trois mois par an dans “leur” petite ville d’Algarve ou de Costa del Sol, au point d’y retrouver chaque hiver les mêmes commerçants, voisins, et amis de promenade.
Oser imaginer un hiver différent
Au fond, choisir une destination pour passer l’hiver au soleil après 60 ans, ce n’est pas seulement une affaire de météo. C’est une manière de prendre soin de votre santé, de votre moral, et aussi de votre curiosité.
Un climat plus doux, quelques habitudes repensées, de nouvelles rencontres, une marche au bord de la mer à la place d’un après-midi devant la télévision : parfois, ces petits changements saisonniers redonnent un souffle à toute l’année.
La bonne destination ? C’est celle où vous vous sentirez à la fois en sécurité, respecté dans votre rythme, bien entouré… et un peu dépaysé tout de même. Celle où vous vous direz, en rangeant vos lunettes de soleil en fin de journée : “Vivement demain matin.”


